COMPRENDRE L'ÉOLIEN
Réglementation de l’éolien

Le démantèlement des fondations est un sujet récurrent dans l’éolien même s’il est bien encadré d’un point de vue réglementaire, législatif et ne présente pas de difficulté technique. Les fondations sont détruites à l’aide d’un brise roche (pelle mécanique équipée d’un marteau piqueur) ce qui nécessite quelques jours de travail. Le béton une fois concassé est séparé de la ferraille pour leur recyclage respectif (Voir fin de vie et recyclage). Ce travail de déconstruction ne présente pas de difficulté particulière pour les filières du bâtiment.

« La France dispose d’un nombre significatif d’industriels du recyclage en capacité d’assurer la maîtrise d’œuvre de chantiers de démantèlement des éoliennes et de valorisation des matériaux qui en sont issus.»

Source : CGEDD & Conseil général de l’économie – Rapport Economie circulaire dans la filière éolienne terrestre en France 05/2019 (p.31)


Le nombre de cas de démantèlement de parc éolien de taille importante est encore limité en France. Toutefois les premières expériences et les autres exemples en Europe n’ont pas révélé de problématiques particulières d’un point de vue technique ou financier.

Etat actuel de la réglementation

La réglementation française prévoit les conditions de démantèlement de la fondation de l’éolienne. La profondeur de décaissement dépend de la nature du sol. Pour rappel les fondations font généralement 2 à 3 mètres d’épaisseur en dessous du sol. (Voir taille et puissance)
Extrait de l’Arrêté du 26 août 2011 relatif à la remise en état et à la constitution des garanties financières pour les installations de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent

« L’excavation des fondations et le remplacement par des terres de caractéristiques comparables aux terres en place à proximité de l’installation :
– sur une profondeur minimale de 30 centimètres lorsque les terrains ne sont pas utilisés pour un usage agricole au titre du document d’urbanisme opposable et que la présence de roche massive ne permet pas une excavation plus importante ;
– sur une profondeur minimale de 2 mètres dans les terrains à usage forestier au titre du document d’urbanisme opposable ;
– sur une profondeur minimale de 1 mètre dans les autres cas. »

Source :  Arrêté du 26 août 2011 relatif à la remise en état et à la constitution des garanties financières pour les installations de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent

La profondeur de décaissement des fondations est donc d’un mètre en terrain agricole et deux mètres en terrain forestier. C’est un minimum réglementaire mais l’exploitant du parc éolien peut excaver la fondation dans sa totalité ce qui implique un coût supplémentaire mais les mêmes moyens techniques. Les premiers exemples français prouvent que c’est cette solution d’une excavation complète qui a été choisie dans la plupart des cas. Bien que le béton armé des fondations est un matériau inerte qui peut donc rester dans le sol sans perturbation de l’environnement à long terme.

« Les déchets inertes sont ceux qui ne subissent aucune modification physique, chimique ou biologique importante. Les déchets inertes ne se décomposent pas, ne brûlent pas et ne produisent aucune autre réaction physique ou chimique. Ils ne sont pas biodégradables et ne détériorent pas d’autres matières avec lesquelles ils entrent en contact, d’une manière susceptible d’entraîner une pollution de l’environnement ou de nuire à la santé humaine. »

Source : Directive 1999/31/CE du conseil du 26 avril 1999 – JOCE du 16 juillet 1999

L’exploitant du parc couvre en fin de vie l’ensemble des coûts inhérents au démantèlement des fondations et de l’ensemble du parc éolien. L’arrêté du 26 août 2011 prévoit également en sécurité une garantie financière dédiée en cas de faillite de l’exploitant. (Voir garantie financière démantèlement)

Excavation complète des fondations

La filière éolienne au travers de son association France Energie Eolienne travaille avec le gouvernement sur les questions de fin de vie des parcs éoliens. Lors du 10e colloque national de l’éolien en octobre 2019 le président de France Energie Eolienne s’est positionné pour une évolution de la réglementation vers une excavation complète des fondations sauf cas particulier.

« La première position concerne le démontage des parcs puisque nous sommes favorables au principe d’excavation total des fondations. » Citation : Olivier Pérot président de la FEE – colloque national de l’éolien 17 octobre 2019

Repowering

Dans le cas du repowering, l’exploitant demande une nouvelle autorisation pour un nouveau parc éolien. Généralement ce nouveau parc est plus puissant et produit d’avantage d’électricité car il bénéficie d’une génération plus récente d’éolienne. Quand il n’y a pas de contraintes de limitations en hauteurs les nouvelles éoliennes peuvent être plus hautes. Avec ces nouvelles dimensions le nombre d’éoliennes du parc est réduit bien que la production globale soit plus importante.
Ce nouveau parc nécessite de nouvelles autorisations et donc un dossier complet et une instruction de la demande. Après obtention des autorisations le précédent parc peut être démantelé pour la construction du nouveau. Certaines installations peuvent être réutilisées comme une partie du réseau électrique ou des chemins d’accès.
En revanche les fondations ne sont pas réutilisables. Si les mêmes emplacements sont utilisés l’excavation complète des fondations est donc nécessaire pour couler les nouvelles.

« En pratique, dans le cas fréquent d’un repowering avec implantation à l’identique des nouvelles éoliennes, les anciennes fondations sont systématiquement enlevées, quelle que soit leur profondeur.»

Source : CGEDD & Conseil général de l’économie – Rapport Economie circulaire dans la filière éolienne terrestre en France 05/2019 (p.34)

 

Réglementation des 500 mètres

La distance réglementaire minimum entre une habitation et une éolienne est de 500 mètres, elle est régie par le code de l’environnement. C’est la loi Grenelle II et ses décrets qui prévoient que les parcs éoliens soient soumis au régime des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Depuis 2010, elle implique également la distance réglementaire des 500 mètres. C’est une distance minimum qui doit être adaptée au cas par cas et qui est souvent plus importante en particulier par l’application des normes acoustiques françaises rigoureuses.

 « La délivrance de l'autorisation d'exploiter est subordonnée au respect d'une distance d'éloignement entre les installations et les constructions à usage d'habitation … Elle est au minimum fixée à 500 mètres »

Source Legifrance : Article L553-1 du code de l’environnement

Cette distance est compatible avec le respect du voisinage pour les habitations les plus proches comme le rappel l’Anses dans son récent rapport.

« Enfin, l’agence rappelle que la réglementation actuelle prévoit que la distance d’une éolienne à la première habitation est évaluée au cas par cas, en tenant compte des spécificités des parcs. Cette distance est au minimum de 500 m, elle peut être étendue, à l’issue de la réalisation d’une étude d’impact, afin de respecter les valeurs limites d’exposition au bruit. »

Source : Anses – Rapport Evaluation des effets sanitaires des basses fréquences sonores et infrasons dus aux parcs éoliens – mars 2017 (p.97 et suivantes)


Au-delà de la distance règlementaire c’est également la taille d’éolienne, l’environnement paysager et patrimonial ainsi que les niveaux acoustiques qui déterminent la bonne distance avec les habitations. La réglementation française protège autant les habitations isolées que les hameaux ou les bourgs car les prescriptions sont identiques.
Une enquête réalisée pour le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) par l’institut de sondage BVA auprès de 900 personnes vivant à proximité d’un parc éolien, dont 230 personnes à moins de 1 000 mètres, révèle que 84 % des personnes interrogées estiment que le parc éolien est situé à bonne distance des habitations.

Source : bEnquête BVA pour Syndicat des énergies renouvelables - Vivre à proximité d’un parc éolien - février 2016

Comparaison avec d'autres pays

La distance règlementaire entre habitation et éolienne varie selon les pays voire les régions. Voici les exemples tirés du rapport de l’Anses :

Source : Anses – Rapport Evaluation des effets sanitaires des basses fréquences sonores et infrasons dus aux parcs éoliens – mars 2017 (p.97 et suivantes)

-    En Allemagne cette distance varie selon les Landers (régions allemandes) d’un minimum de 300 à 1000 mètres pour les logements isolées ou petits lotissements et de 500 à 1000 mètres pour les zones résidentielles.
-    Au Danemark, une distance d’éloignement égale à quatre fois la hauteur de l’aérogénérateur est requise.
-    Aux Pays-Bas, la législation néerlandaise impose une distance minimale d’éloignement par rapport aux habitations les plus proches. Cette distance est d’au minimum 4 fois la hauteur du mât, soit en pratique de l’ordre de 400 mètres et plus.
-    En Suisse, la préconisation non réglementaire est une distance minimale de 300 mètres entre une éolienne d’au moins 70 mètres de hauteur (au niveau du moyeu) et une zone urbanisée ou une habitation.
-    Au Canada en Ontario, les éoliennes de plus de 50 kW produisant un niveau de puissance acoustique LWA supérieur à 102 dBA doivent maintenant respecter la distance minimale de 550 m de tout bâtiment fréquenté.
-    En Finlande, Grande-Bretagne, Pologne, Suède, Australie, Canada – Alberta, Nouvelle-Zélande au Japon, aucune distance minimale d’éloignement de l’installation par rapport aux habitations les plus proches n’est réglementée.
 

Les éoliennes sont équipées d’un balisage réglementaire, un flash qui clignote le jour en blanc et la nuit en rouge. En tant qu’obstacles de grandes hauteurs, les éoliennes respectent la réglementaire française pour la sécurité aérienne civile et militaire. La dernière version de la réglementation étant :

Arrêté du 23 avril 2018 relatif à la réalisation du balisage des obstacles à la navigation aérienne.

La balise est installée au point le plus haut de la nacelle pour assurer une visibilité dans toutes les directions sur 360°. Pour l’ensemble des éoliennes d’un parc appartenant au même exploitant, les flashs ainsi que le passage en mode jour / nuit, doivent être synchronisés.

Le balisage de jour est un feu d’obstacle moyenne intensité de type A, feu à éclat blanc de 20 000 candelas (Cd).  Le balisage de nuit est un feu d’obstacle moyenne intensité de type B, feu à éclat rouge de 2 000 candelas (Cd), donc dix fois moins puissant. Pour les éoliennes de 150 à 200 mètres de hauteur totale, 4 balises de basse intensité (rouge fixe 32 Cd) sont placées autour du mât à 45 mètres de hauteur.

Balisage diurne

Flash blanc 20 000 Cd

Au sommet

Balisage nocturne

Flash rouge 2000 Cd

Au sommet

Eolienne de 50 à 150 mètres de hauteur totale

Idem

En complément : rouge fixe basse intensité niveau intermédiaire

Eolienne de plus de 150 mètres de hauteur totale

 

La détection du passage en mode nocturne ou diurne se fait selon le niveau de luminosité mesuré au niveau de l’éolienne référente du parc.

Les plus anciens balisages utilisent la technologie Xenon alors que les plus récents sont équipés de LED depuis environ 2008 à 2010. La technologie LED présente une consommation plus faible, une plus grande fiabilité, un flash moins intense et elle est plus facilement paramétrable.

Source : Ecotera - Photo d’un balisage installé en nacelle

 

La réglementation française est particulièrement stricte concernant le balisage qui s’applique à toutes les éoliennes indépendamment de la proximité ou non d’enjeux aéronautiques. Dans d’autres pays européen le balisage n’est obligatoire qu’à proximité des aéroports et peut dans certaines situations être substitué par des bandes rouges sur les pales voire le mât.

Bien que ces balises à éclats puissent être perçues comme une gêne par certains riverains proches, elles n’impliquent aucun risque sanitaire. La fréquence étant de 20 éclats d’une seconde par minute elle est bien en deçà du seul épileptogène.

« De même le rythme de clignotement des feux de signalisation est-il nettement situé au-dessous du seuil épileptogène. »

Source : Académie de médecine – Nuisances sanitaires des éoliennes terrestres – 05/2017 (p.12)

 

Conscient de la gêne éventuelle de ce balisage, les professionnels de l’éolien travaillent à des solutions alternatives. Depuis plusieurs années la filière est en concertation avec la Direction générale de l’aviation civile et l’armée de l’air. Une nouvelle réglementation pourrait être mise en place à moyen terme.

Plusieurs pistes sont à l’étude pour réduire l’impact visuel du balisage dont certaines sont déjà appliquées dans d’autres pays :

  • Synchroniser les flashs de l’ensemble du parc éolien français
  • Panacher les feux pour ne conserver le balisage actuel que pour les éoliennes aux extrémités du parc et baisser celui des autres éoliennes voire passer à un feu fixe.
  • Diminuer l’intensité lumineuse pour l’orientation vers le sol donc visible par les riverains.
  • Varier l’intensité lumineuse en fonction de la visibilité constatée selon les conditions météorologiques.
  • Allumer les balises uniquement à la détection d’un avion dans une zone large et/ou par zone géographique commandée par l’armée selon les entrainements.